Une campagne sans cœur

Cette semaine, j’ai regardé les deux débats consacrés aux municipales bastiaises.

Moi qui aime la politique, j’en suis sorti avec un goût amer.
Certains diront qu’il n’y a rien de nouveau. Ils n’ont pas tort. Mais on reste toujours surpris par l’ampleur du gâchis.

Bastia aurait dû être au cœur de ces échanges. Elle n’en a été que le décor.
Un simple prétexte à des affrontements d’ambitions bien plus personnelles que politiques.

Un seul exemple suffit à l’illustrer : le financement du théâtre de Bastia intégrant le conservatoire. Un plan de financement dont je demande aujourd’hui l’annulation devant le tribunal administratif.
Pour en atténuer le poids, Gilles Simeoni a affirmé qu’il serait financé à 80 % par l’État et l’Europe.

C’est faux.

Le plan de financement voté par le conseil municipal le 10 avril 2025 est clair :
sur un coût de 32,25 millions d’euros, 19,3 millions étaient attendus de l’État et de l’Europe, soit 63.2 %. Loin des 80 % annoncés.
Le reste repose sur la Collectivité de Corse (5.13 millions) et la Ville (6.1 millions).
Et surtout : au moindre dérapage budgétaire, c’est la ville qui paiera

Mais ce décalage ne s’arrête pas là.

Lors du débat, l’actuel Président du conseil exécutif de Corse a affirmé que la ville n’avait pas vocation à financer le foncier pour la construction du nouvel hôpital.
Pourtant, dans le même temps, la mairie porte l’expropriation des terrains nécessaires à la construction du nouvel hôpital.

Là encore, les faits contredisent les discours.

Aucun des contradicteurs n’a démenti ces propos.
On parle pourtant de projets qui peuvent faire voler en éclat la situation financière d’une ville déjà fragilisée.

Pourquoi ?
Parce que pour le faire, il faut travailler. Et, pour cela, il faut surtout aimer sa ville plus que ses ambitions personnelles.

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire : on ne gagne pas la confiance des citoyens avec une calculatrice, mais avec du cœur, celui qu’on mettra à l’ouvrage pour sortir Bastia de l’ornière.
Et de cœur, je n’en ai pas beaucoup vu lors de ces débats.


En savoir plus sur Frédéric Poletti

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire