À Bastia, s’il est une insécurité qui ne relève pas du simple sentiment mais d’une réalité objective, c’est bien celle de la pauvreté.
Dans un appartement trop petit de notre ville, une mère rentre du travail. Aide-soignante, elle a enchaîné deux services. Son fils de quatorze ans est à la maison.
Il a un contrôle de mathématiques le lendemain ; il ne comprend pas un exercice, mais n’ose pas le dire. Elle est fatiguée, elle voudrait l’aider, mais elle ne sait pas comment.
À quelques rues de là, dans un autre foyer, un autre adolescent du même âge travaille lui aussi.
Son père relit son devoir, évoque déjà les spécialités à choisir en première, parle des écoles, des débouchés possibles.
Les deux garçons ont les mêmes capacités. Ils n’ont pas les mêmes ressources. C’est souvent ainsi que commencent les inégalités.
À Bastia, la pauvreté n’est pas une notion abstraite. Elle a un visage, elle a un âge.
Aujourd’hui, près d’un enfant sur quatre grandit sous le seuil de pauvreté dans notre ville ; cela représente environ deux mille mineurs.
Ce sont des élèves de nos collèges, des adolescents de nos quartiers, des jeunes que l’on croise le matin sur le chemin de l’école avec les mêmes rêves que les autres, mais pas les mêmes chances.
Il faut le dire clairement : cette pauvreté n’est pas seulement celle de l’inactivité.
Les couples avec enfants tirent l’essentiel de leurs revenus du travail. Pourtant, cela ne suffit pas toujours.
La question n’est donc pas seulement sociale ; elle est structurelle.
L’argent, toutefois, n’explique pas tout. Les inégalités se jouent aussi dans l’accès à l’information, dans la connaissance des parcours, dans la capacité à se projeter, dans le réseau dont on dispose autour de soi, dans la confiance que l’on a en ses possibilités.
Certains enfants grandissent entourés d’adultes qui connaissent les codes, les filières, les démarches; d’autres avancent seuls, parfois trop tôt.
C’est à cet endroit précis que la ville doit intervenir.
Une municipalité ne fixe pas les salaires. En revanche, elle peut décider que, sur son territoire, aucun enfant ne doit manquer d’un lieu pour se poser après les cours, d’un adulte pour l’écouter, d’un accompagnement pour s’orienter, d’un réseau pour l’aider à avancer, d’un accès réel à la culture et à la création.
Mettre les enfants au cœur de la politique municipale n’est pas une posture. C’est un choix structurant.
Les inégalités ne se corrigent pas uniquement par la redistribution monétaire. Elles se combattent aussi en redistribuant du capital relationnel, du capital culturel, du temps, de l’attention et de la confiance.
Une ville qui laisse s’installer les fractures dès l’adolescence prépare ses difficultés de demain. Une ville qui investit dans ses jeunes construit sa cohésion future.
Nos propositions s’inscrivent dans cette conviction simple : refuser que le destin d’un enfant dépende uniquement du hasard de son environnement. Et cela, une ville peut le décider.
Si j’étais candidat, j’aurais à cœur de porter ce projet :
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