Théâtre de Bastia: les travaux avant les élections, le jugement après…

L’exercice démocratique ne saurait se résumer à l’action du vote. Les élus ne peuvent pas uniquement se préoccuper d’attirer des suffrages et le citoyen de voter. En dehors des élections, nous devons participer par la surveillance, la critique et la protestation.

Comme vous le savez, j’ai saisi le tribunal administratif pour demander l’annulation du plan de financement du théâtre, en raison d’un écart inexpliqué entre le plan de financement présenté (32 M€ HT) et l’autorisation de programme votée (42,095 M€ TTC).

La mairie de Bastia avait jusqu’au 5 septembre pour répondre à mon mémoire en réplique. Ce qu’elle n’a pas fait. Le 26 septembre j’ai donc demandé au TA la clôture de l’instruction.

En revanche, à quelques mois de la prochaine municipale 2026, la mairie ne perd pas de temps.

Pendant que j’attends que le Tribunal administratif statue sur la validité du financement du théâtre, la mairie, elle, passe à l’acte. Pas une, mais deux procédures de marché public lancées !

𝗣𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́ : 𝘂𝗻𝗲 « 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲́𝗱𝘂𝗿𝗲 𝗮𝗱𝗮𝗽𝘁𝗲́𝗲 𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁𝗲 ».

Traduction : une version allégée, plus souple, parfaite pour éviter les lourdeurs comme… la transparence ou le contrôle approfondi.

Pourquoi tant d’empressement ?

Les travaux ne pouvaient-ils vraiment pas attendre ?

𝗔̀ 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗰𝗮𝗹𝗲𝗻𝗱𝗿𝗶𝗲𝗿 𝗱𝘂 𝗰𝗵𝗮𝗻𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗮𝗶𝘁, 𝗽𝗮𝗿 𝗵𝗮𝘀𝗮𝗿𝗱, 𝗰𝗿𝗼𝗶𝘀𝗲́ 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗺𝗽𝗮𝗴𝗻𝗲…

D’ailleurs, cerise sur le marché : dans l’avis il est spécifié que les travaux doivent commencer le 1er avril 2025.

Dommage qu’on soit en octobre. Les mauvaises langues diront que c’est un classique bastiais : on programme les travaux avant même d’avoir consulté les entreprises.

𝗦𝗲𝗰𝗼𝗻𝗱 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́ : 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗲𝗻 « 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲́𝗱𝘂𝗿𝗲 𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁𝗲 ».

Traduction : procédure formalisée, encadrée par le droit européen. Plus lourde, plus sérieuse… mais toujours lancée alors que le Tribunal administratif n’a pas encore statué sur la légalité du financement et des crédits budgétaires.

Deux procédures différentes pour le même projet.

Une scission opportune ? Un fractionnement bien pratique ? Ou juste un passage en force soigneusement chronométré, façon : “Le juge tranchera… quand ce sera trop tard.”

𝗘𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗯𝗮𝘀𝘁𝗶𝗮𝗶𝘀 ? 𝗜𝗹 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲. 𝗘𝘁 𝗶𝗹 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲.

La mise en scène est prête. Le théâtre aussi.

Reste à savoir si la légalité aura droit à sa représentation avant que le rideau ne tombe.

Il me reste en tant que citoyen concerné par l’avenir de notre ville à trouver les moyens à ma disposition pour que ces marchés ne soient pas attribués avant que le Tribunal administratif ne se prononce…


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