Comme je l’ai déjà évoqué, j’ai saisi le tribunal administratif pour demander l’annulation du plan de financement du théâtre, en raison d’un écart inexpliqué entre le plan de financement présenté (32 M€ HT) et l’autorisation de programme votée (42,095 M€ TTC).

Le 2 mai 2025, le préfet de Haute-Corse, que j’avais alerté, m’a répondu qu’aucune anomalie n’avait été relevée, après examen des documents transmis par la Ville. Ce dernier m’invitait à demander à la mairie ces documents.
Le 26 mai, il m’a communiqué ces mêmes documents, que la mairie refusait de me transmettre malgré ma demande.
En guise d’explications, j’ai reçu, en format A4, de longs tableaux budgétaires : des colonnes de chiffres et de codes alignés comme des hiéroglyphes, parfaitement illisibles pour qui n’est pas initié. On y cherche en vain une mention « théâtre municipal » : tout est noyé dans le langage comptable, comme si la transparence se mesurait à la densité des colonnes Excel imprimées.
Mais le plus étonnant réside ailleurs.
Dans le contentieux en cours, la Ville de Bastia n’expose pas ces pièces au juge et se limite aux seules délibérations et annexes formelles.
Il en résulte un paradoxe : les services de l’État fondent leur appréciation sur des documents que ni les élus, ni le public, ni même le juge administratif ne voient apparaître.
Cela ne peut qu’affaiblir la portée du contrôle de légalité, en donnant le sentiment que les éléments retenus pour écarter toute anomalie ne sont pas assumés publiquement par la mairie.
Un projet de plus de 40 millions d’euros, qui pèsera durablement sur les finances de Bastia, exige une transparence totale. Or ici, la sincérité change au gré de l’interlocuteur: élus, citoyens, juge ou préfet.
Il n’est pas question de laisser notre ville tomber dans la fosse d’un théâtre à 42 millions d’euros. Un projet de cette ampleur ne peut survivre dans l’opacité. Sans sincérité budgétaire, ce n’est pas seulement la confiance démocratique qui s’effondre : c’est Bastia elle-même.
Et lutter contre cette déchéance, c’est le combat que j’entends mener
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