Quand l’opportunisme confine à l’absurde

Voilà des années que Julien Morganti se pavane avec ses rêves de grandeurs, se voyant champion de l’union.

Mais il n’aura réussi à rassembler que des convictions aussi assorties qu’un costume à carreaux avec une chemise à pois. C’est ce qui arrive quand on change d’avis comme de chemise, en fonction de l’air du temps ou de l’interlocuteur du moment.

Avec son petit côté gendre idéal, Julien Morganti tient plus du représentant en produits ménagers que de l’homme de convictions.

Ainsi, avec un gauchiste, il fustigera la réforme des retraites, avec un libéral, il chantera les louanges de la réduction des services publics et avec un électeur d’extrême droite, il mettra tous les maux sur le dos de l’immigration.

Il a fait plus de tours que la grande roue en passant de la gauche à la droite sans oublier un petit détour par la République en Marche.

Il peut, en même temps, se rendre à une manifestation lancée par l’extrême droite locale et discuter avec la gauche d’une convergence politique mais toujours derrière sa personne.

En revanche, il faut l’admettre, Julien Morganti reste d’une grande fidélité à l’acte de trahison.

A la municipale de 2014, il participe à faire perdre une majorité municipale à laquelle il participait et qui l’avait fait naître politiquement.

A la législative de 2017, il provoque la défaite du candidat investi par la République en Marche, parti auquel il venait à peine d’adhérer.

A la municipale de 2020, rebelotte, il plante un couteau dans le dos du groupe politique auquel il appartenait depuis 2014.

Le 9 juin, quand le Président de la République a dit « dissolution », il n’a pas fallu deux claquements de doigts pour que Julien Morganti claironne sur les réseaux sociaux qu’il participera à une coalition.

Il a bien tapé à toutes les portes sans souci de la moindre cohérence. Comme l’a souligné fort justement une des personnes sollicitées « le problème avec lui c’est qu’il ne veut pas d’une union, il invite seulement à participer à sa supposée victoire Et encore, il faut payer! »

En d’autres termes, Julien Morganti ne s’embarrasse pas de partenaires, il veut simplement des groupies pour sa tournée qu’il imagine triomphale. Mais attention l’entrée n’est pas gratuite!

Et comme d’habitude, il se retrouve seul à la fin de la foire.

Mais Julien Morganti est la seule personne au monde à croire qu’il est deux quand il se regarde dans un miroir. Ce qui lui permet de fanfaronner qu’il a fait « une union progressiste et républicaine » regroupant déçus du nationalisme (mais qui donc?), des représentants de l’opposition régionale de droite (mais qui donc?) et des membres de l’opposition municipale de gauche (mais qui donc?)

Si julien Morganti évoque des soutiens, il prend grand soin de ne jamais les nommer. Soit, ce sont des fantômes, soit, ils sont encombrants pour lui.

Faisons un tour d’horizon!

Jean-Martin Mondoloni, leader de la droite régionale, et Jean-Sébastien De Casalta ont participé à la conférence de presse de Jean-François Paoli.

Le MCD, qui fait partie de l’opposition municipale bastiaise, a indiqué soutenir la démarche de Jean-François Paoli.

Alors, quelle est donc cette mystérieuse composante de gauche de l’opposition municipale bastiaise?

Serait-ce ceux que le même Julien Morganti avait pourtant, lui-même, qualifiés en 2020, de tenants « de la revanche, de l’argent et de la haine » ?

Napoléon disait qu’en politique l’absurdité n’est pas un obstacle. Or, c’est justement cette absurdité que Julien Morganti semble avoir mis au service de son ambition personnelle. Cependant la défense de l’intérêt commun mérite bien mieux que le simple assouvissement d’un petit intérêt particulier.


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