Avec le collectif « Agissons contre la cherté des carburants en Corse » nous avons travaillé.
Sans promesse, sans moyens, mais 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗮 𝘃𝗼𝗹𝗼𝗻𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗻𝗲 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗹𝗮̂𝗰𝗵𝗲𝗿.
Cette semaine, en voyant 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝘃𝗶𝗰𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗲𝘇 𝗮𝘁𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗲́𝗲 — sans que nous ne l’ayons vraiment revendiquée —, en lisant vos messages, votre confiance et vos remerciements, j’ai compris la portée de ce que nous avons accompli, et ce que cela révèle de notre île.
Il arrive un moment où 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗶̂𝗹𝗲 𝗰𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗿𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗿𝗲́𝗰𝗶𝘁𝘀 𝗼𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗹𝘀, parce qu’elle vit, chaque jour, ce que la parole politique préfère taire.
Depuis des années, les Corses vivent une réalité simple : 𝗽𝗮𝘆𝗲𝗿 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗰𝗵𝗲𝗿 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗽𝗮𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲, 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗱’𝗲́𝗰𝗼𝘂𝘁𝗲, 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗱’𝗮𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 et encore plus de désespoir.
Et quand la démocratie vacille, 𝗰𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗱𝗼𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗹𝗮𝗶𝘀. Quand les dossiers s’empilent sans être traités, quand les chiffres servent d’alibi à l’inaction, quand la communication remplace le courage, et quand l’on s’attribue des victoires que l’on n’a jamais livrées.
Pourtant, partout en Corse, se trouvent des femmes et des hommes qui continuent d’agir, souvent loin des caméras : dans les quartiers, les associations, les services publics, les entreprises, les communes.
Ils ne demandent ni médailles ni mise en scène.
Ils demandent que 𝗹𝗲 𝗿𝗲́𝗲𝗹 𝘀𝗼𝗶𝘁 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲́ 𝗲𝗻 𝗳𝗮𝗰𝗲.
Ils demandent que 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹 𝗰𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲 𝗱𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝘆𝗺𝗯𝗼𝗹𝗲𝘀.
Ces derniers jours l’ont rappelé avec force 𝗴𝗿𝗮̂𝗰𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝘀𝗮𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗻𝗼𝗻𝗰𝗲́𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗹’𝗔𝘂𝘁𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗰𝘂𝗿𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲 :
quand la vérité finit par éclater, même tardivement, c’est 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗿𝗲𝗳𝘂𝘀𝗲́ 𝗱𝗲 𝘀𝗲 𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿, et parce qu’ils ont fait, seuls, le travail que l’on attendait de nos élus.
Cela ne doit pas être une parenthèse, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝘂𝗻 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗮𝗹.
Un territoire n’est pas condamné à subir lorsque ses habitants s’informent, enquêtent, agissent, et, surtout, 𝗻𝗲 𝗹𝗮̂𝗰𝗵𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗶𝗲𝗻.
Ce que les Corses ressentent, ce n’est pas de la colère 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗹𝗮 𝗳𝗮𝘁𝗶𝗴𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗮̀ 𝗯𝗼𝘂𝘁 𝗲𝘁 𝗻𝗲 𝗿𝗲𝗰̧𝗼𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗲𝘅𝗰𝘂𝘀𝗲𝘀 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗱’𝗮𝗰𝘁𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗿𝗲𝘁𝘀.
Cette fatigue-là ne doit pas céder à la résignation. Cela doit être 𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝗯𝘂𝘁 𝗱’𝘂𝗻 𝘀𝘂𝗿𝘀𝗮𝘂𝘁
Ce moment révèle quelque chose de plus profond :
Nous ne voulons plus qu’on nous raconte un récit, nous voulons 𝗾𝘂’𝗼𝗻 𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗯𝗹𝗲̀𝗺𝗲𝘀.
Nous ne voulons plus qu’on s’attribue ce qu’on n’a pas fait, mais 𝗾𝘂’𝗼𝗻 𝗮𝘀𝘀𝘂𝗺𝗲 𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗼𝗻 𝗻’𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁.
𝗖𝗲𝘁 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹, 𝗾𝘂𝗲 𝗷𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗰𝗲, 𝘀’𝗮𝗱𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲 :
à ceux qui pensent que 𝗹’𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁 𝗴𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗹 𝗺𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲 𝗺𝗶𝗲𝘂𝘅 que les récupérations politiques, les réflexes de clan ou les postures automatiques ;
à ceux qui savent que 𝗹𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗽𝗮𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲 n’est pas une menace pour un territoire, mais une 𝗰𝗼𝗻𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁 ;
à ceux qui veulent que 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗲́𝘁𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲 𝘀𝗮 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲, que la parole publique redevienne fiable, que les décisions soient enfin prises pour ceux qui en vivent les conséquences.
Nous voulons 𝗼𝘂𝘃𝗿𝗶𝗿 𝘂𝗻 𝗲𝘀𝗽𝗮𝗰𝗲 𝗱’𝗲́𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹,
où l’on confronte les idées avant les égos,
où l’action compte plus que les communiqués,
où l’on retrouve le goût du bien commun plutôt que le goût du pouvoir
Pas un parti, pas une étiquette, pas une écurie électorale déguisée mais 𝘂𝗻 𝗹𝗶𝗲𝘂 𝗼𝘂̀ 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗲́𝘁𝗲𝗻𝗰𝗲, 𝗹𝗮 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲́, 𝗹𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗽𝗮𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗿𝗶𝗴𝘂𝗲𝘂𝗿 𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗲𝗻𝗳𝗶𝗻 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁𝘀.
Un lieu où 𝗹𝗲 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗿𝗲𝗱𝗲𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗮𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿, où les faits reprennent leurs droits, et où 𝗹𝗲 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘀 redevient la seule boussole.
Si le collectif « agissons contre la cherté des carburants en Corse » a pu faire vaciller ces mastodontes du secteur pétrolier, imaginez ce que nous pouvons, ensemble, réaliser.
La décision de l’Autorité de la concurrence a ouvert une porte : 𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝘀𝘂𝗯𝗶𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀, 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱, 𝗾𝘂𝗶 𝗲𝘅𝗶𝗴𝗲, 𝗾𝘂𝗶 𝗮𝗴𝗶𝘁.
Ne laissons pas cette porte se refermer et ouvrons un nouveau cycle :
un cycle où la politique cesse de se servir, et recommence à servir.
Beaucoup d’entre vous m’ont écrit ces derniers jours. Surtout continuez.
𝗖𝗼𝗻𝘁𝗮𝗰𝘁𝗲𝘇-𝗺𝗼𝗶, 𝗼𝘀𝗲𝘇 𝗲𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗼𝘀𝗲𝘇.
Car ce que nous bâtirons ensuite dépendra de celles et ceux qui décideront de franchir ce pas !
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